C'est quelque chose qui s'effacerait tant il glisse entre les doigts ; un mot tactile dont les lettres s'enrouleraient aux phalanges. Un pli, et des syllabes s'accordent ; une poussée, et la syntaxe explose pour reprendre forme. Du bout des ongles, l'architecture des sons s'étalerait sur un clavier de papier.
L'indétermination dissémine les germes d'une ébauche et ceux-là s'enveniment de n'avoir leur terre-à-terre. A la frontière de l'impulsion et des conceptualisations, il existe une ligne qu'on voudrait idée et qui se fait phrase. Sans être creuse, elle se fait éthérée. Sans direction, elle s'épand en sens. Des essors sans sorte d'efforts, voilà ce qui confondraient les frontières.
Des propositions, sans subordination, toutes relatives et affaissées, cherchent à se joindre. Elles jouent comme deux paires de lèvres qui s'éloigneraient pour mieux se toucher, sans retouches. Il n'y aurait d'artifices que les regards extérieurs et l'application qu'ils auraient à retranscrire l'essentielle essence de leur errance. Selon cet état, je m'arrête là.
20090526
Long détour, bref retour
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20090227
Affublé d'un double monocle
Je suis dans un temps de latence. Je suis caché, me cache et cache ; caché dans un cocon de cycles et dans des cycles de cocon, me cache de mes sursauts d'envies et cache mes usures comme mes fractures. Un temps de latence dont je vois les marques alterner entre stigmates et bandages. Un temps de latence où je me vois remettre l'alliage des mains et de la tête à la nuit suivante, pour finir par tapoter en celle-ci, l'éclosion d'une attente. Un temps de latence qui se joue comme on enroberait des mélodies pour en masquer les notes.
Dans ce temps de latence, des espaces de patence. Sur ceux-là se collent des fables contemporaines. A vrai dire, si les formes se sont adaptées, le fond est resté intact. Les animaux sont devenus des acteurs, restent les personnages. Les morales sont devenues des opinions, restent les messages. Dans ce cas précis, il est question de la râle d'un mort qui nous dessine la vie. S'ajoute le facteur empathie, incarnation des émotions par procuration. On partage sa souffrance pour oublier qu'on souffre, on partage son rire pour se souvenir qu'on rit.
Le film importe guère. L'évoquer, c'est s'assurer invoquer les avis divergents et les ressentis intransigeants. Vous saurez toujours mieux de quoi je parle si je ne vous dis pas ce que c'est. Et puis, l'exemple ne vaut rien, seul compte le mécanisme. Vous rejetteriez l'enveloppe que vous n'en seriez pas moins dans les rouages.
C'est l'histoire d'une double loupe. Celle-ci nous regarde, sublimés ; on la regarde et voudrait garder la sublimation. On en oublie que ce qui nous dépasse ne nous appartient pas, ou plus. Se rejoue alors le combat de l'appropriation, d'autant plus voué à l'échec qu'il fabriquera une nouvelle double-loupe.
Double-loupons un peu, en évitant de louper double. On regarde la vie des autres et se fait un avis sur la sienne, scrute l'avis et donne vie aux leurs. Ici, un rejet qui rencontre une attirance du passé. Là, un rejet qui se confronte à une attirance passée. Ou peut-être est-ce l'inverse. Là, la constatation d'une vie qui se perd. Ici, la perte d'une constatation qui se vit. Ou peut-être est-ce l'inverse. Ici, un jeu qui se donne une jeunesse légère. Là, une légèreté qui joue au jeune don. Ou peut-être est-ce l'inverse.
C'est bien le problème d'une double-loupe. A force de grossissements, renvois, reflets et mouvements, on perd de vue ce que l'on scrute et le confond à ce que l'on vit. Quand les sens se perdent dans les mots, ceux-là changent de sens. Le résultat n'est que répétitions ; les calculs étaient pourtant divergents.
Rien de mieux pour maintenir la latence que de s'offrir une loupe. Mieux je vois, moins j'en vois. Plus j'envie, moins j'en vis.
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20090130
Two Times & One Come Back
Temps 1 :
Tout d'abord, il convient, en cette année du neuf, de vous souhaiter de quitter vos merdes anciennes pour de nouvelles, plus fraiches. Ces formalités du sage accompli accomplies, entamons l'entame et matons l'an.
Après la ponctuelle période des partielles - où s'aiguise une pression externe, prête à déchirer les décontractions de chacun, polluant l'air de sa légendaire puanteur - concédons une petite ère de répits. Un répits propre au repos, histoire de favoriser la détente des pores et la contractions des tripes ; repos destructeur donc.
Paragraphe météo : Suite à ces deux semaines de bourrasques externes, un temps d'accalmies illusoires qui cèdera place à de persistantes tempêtes internes. On fêtera demain la Sainte Conne, ça vous fera beaucoup de souhaits.
C'est un petit peu comme une minuterie. Les amis, l'œuf est bientôt cuit ; les minutes caquètent. Au loin, des incertitudes spatiotemporelles et qualitatives. Au proche, une omelette de trois mois sans patate(s) (désolé, mais je ne les fais pas avec de la pêche).
Si je vous cause bouffe, c'est que j'ai la dalle.
Quand bien même je voudrais me détacher de ces trois mois à suivre, j'ai un environnement clanique et des relents de logique qui m'y ramènent, jusqu'à m'en donner la nausée. J'admets être assez désabusé, en passation de devenir blasé. Revenons-en à l'œuf.
On pourrait supposer qu'une combustion interne du bidule ne laisse dans un premier temps aucune incidence sur la coque - vous pouvez dire carapace. On occulte les trois minutes d'arrivée à maturation, et on regarde. Je suis sûr qu'en guettant un peu, le sourire sardonique (en panoplie obligatoire), aussi dure que soit la carapace - vous pouvez dire coque - on verra bien quelques fissures se tracer assurément. Et après ? Après, on passe à table.
Temps 2 :
Voilà bientôt un mois et demi que j'étais privé de macobitchou. C'est une des raisons de mon inactivité ici. Le temps précédent est éparpillé sur le mois de janvier, tapotage irrégulier sur un ordinateur inconfortable.
Je viens de jouer au yoyo toute la nuit ; passer de l'allègre aux malaises comme zapper frénétiquement - en bonne loque - d'une chaine à d'autres ; rêver d'idées comme dérider ces rêves ; m'en mordre les doigts comme éclore de joies. Qu'en reste-t-il ? Un tronc, vide ; des mains, volubiles ; une tête, enfin placide.
A chaque maux sa catharsis. A chaque catharsis ses maux. Souvent c'est des films. Ce soir, c'est une voix. Un morceau et des monceaux d'émotion, Metal Heart de la féline Cat Power (la facilité n'empêche pas l'exactitude), qui jouent sur les variations de mon humeur.
J'ai passé la nuit à laisser certains échos envahir et déchirer mon énergie, les accueillir les neurones ouvertes, et leur permettre de vilipender à loisir mes souvenirs. Je n'ai pas l'habitude de foutre ces derniers à la cave. Si c'est pour les voir remonter, meuglant, hideux, décharnés... non, non merci, j'ai vu et revu Evil Dead. Je préfère avoir couloirs, salons et placards encombrés ; de ces bordels qui me portent.
Seulement voilà, je ne dois pas être le seul à avoir les clés de la porte de cette putain de cave. Je constatais tout à l'heure que mon bordel avait été ordonné sans préavis. Une rapide recherche et je découvre qu'effectivement quelque chose a bougé. Qui plus est, la clé de la cave, précédemment accrochée en ornement, manque au bordel. Je descends, zieute par le trou de la serrure. Oui, c'est là, enfermé, comme une condamnation à l'oubli doublée d'un châtiment de résurgences.
Alors j'ai passé la nuit à tambouriner cette putain de porte, y laisser mes ongles et des larmes, comme si le voleur-censeur allait m'ouvrir de l'intérieur.
"You're losing the calling that you've been faking
And i'm not kidding"
Et puis, y'a eu Cat, et avec elle, The Kills, qui me disent d'appeler ça de l'art.
Leurs mélodies comptent, bien sûr. Mais elles ne sont que les variations d'un même thème et le sens qu'elles m'amènent fait appel aux mêmes sens. Ce sens et ces sens me guident à l'étage, tant pis pour la cave. C'est "drôle", c'est pourtant moi qui ai l'usage de faire le faux-reproche de "passéiste". Je me retrouve, souriant, avec ce même reproche, imaginé, hypothétique. Je souligne, avec effronterie, qu'ancrer le passé dans le vécu, comme si ça allait le faire (re)vivre, est ostensiblement un effet de mode. J'aurais eu envie de dire que c'était réciproque, mais ç'aurait été passer de l'effronterie à la présomption, aussi irritant que de l'implicite qui se voudrait explicite.
Il y a des rockstars qu'on a de cesse d'adorer. Oh une adoration bien loin des béatitudes aveuglantes (pléonasme) ! Il n'est pas question d'en faire des entités. Ni Cat, Ni VV, Ni Hotel n'y trouveraient leur place. Non, c'était adorer dans le sens d'aimer.
"In the end, foe or friend, live apart
Call it hate, call it love, I call it art"
_"I Call it Art" by The Kills
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20081223
Jar Jar Link
Quelques semaines, et l'évident opaque cède sa place à une clarté confuse. Je passe des faits défaits aux défaites. Mais arrive la période des fêtes, et il convient de faire de toute l'hypocrisie joviale ambiante (caractéristique des entrées et sorties d'année) ses apparats. Un joyaux noël aux joyeux noyés, que le champagne vous étrangle et la buche vous fende la gueule ; rien ne vaut les écorces pour s'écorcher (vivement) ! Cette page de publicité terminée, prenez place ou dégagez, j'ai le sarcasme peu conciliant.
J'ai passé mon année à m'égarer entre les pages de Kundera. Si c'est bien L'Insoutenable légèreté de l'être qui m'a le plus bouleversé, je dois à L'Immortalité de me servir de référent naturel depuis plusieurs mois.
Nous voilà donc au coucou, au thème et ses variations récurrentes. Des évènements distincts s'emmêlent et donnent à un écho lointain un son assourdissant. Les aiguilles tournent, l'oiseau répète ses chants. Ceux-ci se sont étoffés quand celles-là s'appliquent à m'étouffer.
Soit un élément E (choisi presque au hasard) qu'on couplerait à un élément D à l'heure L. Ensuite, à l'heure F, toujours choisi avec ce même soin hasardeux, couplons un élément A à un élément R. On ôte les heurts, pardon les heures, on part de la fin et on remonte, où tombe-t-on ? En R.A.D.E., en rade quoi (je traduis pour ceux qui croiraient qu'à chaque point commence une phrase). C'est mathématique, comme 2+2=5.
Quant au thème, oui, il a varié. J'y retrouve des veines de mélodies, mais la chair s'est mue. Le corps se structure, mais la structure ne sait se faire corps. Je me retrouve dans l'outrance du dialogue d'une idée, mais en carence d'une idée du dialogue.
" [...] Mais chaque seconde est une poignée de terre, et chaque minute est un tombeau [...] "
Je me saborde, ici et là. Je me saborde à un croisement trouble entre le spontané et le délibéré ; pourtant, le calculé n'y pointe jamais. Je me saborde et me sabre, avec parcimonie et furie.
Mais je les ai, eux. Les quatre. Jamais réellement en tant que groupe, et jamais réellement quatre. Déjà, l'un ne daigne que très peu descendre de ses hauts ermitages. Mais son apparente simplicité fait du bien à mon moral noué. Ensuite, il y a ces conversations enfumées avec cet homme-cigarette. Il n'y a pas mieux que l'actualité pour s'échapper de l'actuel. Et puis, il y a cette connivence, d'idées, de sarcasmes, de gouts et d'humour ; à elle se joint progressivement confiance et confidences. La phrase de Derrida ne m'a jamais autant correspondu. Enfin, toujours, il y a Lui, plus lointain mais pas plus éloigné, moins présent mais pas plus absent. Des rires infantiles et des mots graves, un mélange d'équilibre qui agence le mien.
Quelques fois, pour quelques heures, nous sommes cinq. Chacun troque ce qu'il veut de lui contre ce qu'il en désire. On est jamais autant soi qu'avec les masques que l'on s'est façonné.
" - Ah Ben... on t'a attendu hein...
- Ça va ?
- Je suis très mélancolique."
Se tissent aussi, lentement, ici et là, des liens auxquels on ne s'attendaient pas. Rien de bien solide, encore. Mais le manque de solidité n'empêche pas la force. Je la sens, là, latente. On en révise son latin.
" [...]Fin de semaine. Encore une heure, encore une heure, encore une heure à peine. Encore une heure de jour, et la nuit vient. La nuit vient. Et puis... rien."
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20081124
Doctor Knot
Un peu de sel, un peu de sucre ; le mélange est amer. Rire et nostalgie ne font pas vraiment bon ménage, ni ménage d'ailleurs. Je passe des gerçures de patinoires aux cloques d'ébullitions. Un aller pour un retour, un détour pour s'en aller, pas longtemps, juste quelques grains, quelques freins, quelques trains.
Le temps perdu(re). J'ai comme des images de murs, des briques qui volent en éclat, et moi qui me fabrique déjà. Des notes, des ressorts, bâtir sur des (p)eaux mortes. Pas de sens, si ce n'est ceux des fragrances. Elles se pointent, sans que j'ai vraiment le temps - ni l'envie - de les tailler ; des phrases écorchées, découpées, écopées. Je souffle un coup, pense dans un cou.
Un puzzle de sciures, inspire et tu liras dans les airs. Elles volètent, dansent et s'écrasent doucement. Étaient-elles bien à leur place ?
Si moi je me noie, toi tu (me) coules. Comme un nœud. Tout est lié, contracté, figé. Restent les balancements d'après les élancements d'avant. Accorde ta corde, qu'elle chante quand tu t'égosilles en silence.
Reste qu'un visage crispé en attire un autre. C'est fou, ces connexions mouvementées dans cette distance inamovible.
(m'allume un beedies, bois, fume et expire, décide d'arrêter d'écrire sans réfléchir)
Peut-être que j'étouffe en fait. Un peu comme si j'étais cloisonné, tordu et ankylosé, dans une boite exigüe. Du coup, j'y fais des trous. Créer des appels d'air, m'en enivrer, respirer pour espérer, croire l'espace d'une inspiration pouvoir inspirer à rejoindre l'espace externe à ma boite. Des fois, j'y passe un doigt, l'agite et sens l'air comme une promesse de plaire. Se détendre pour mieux se recroqueviller.
Je pousse au rêve, puis me pousse à l'erreur. Une auto-condamnation dont les lois m'échappent. Un cran décalé, peut-être absent. L'audace n'augmente de pair qu'avec son versant, renfermement.
Je me prends en flagrant dénis de laisser l'instantané primer sur l'élaboré. Pas encore assez, mais bientôt, creuser l'écart entre pensée et passé.
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20081115
Despote Dépote
Je me fais l'effet d'un dépotoir. Recueil sordide de circonvolutions excédentaires, je suis mon propre dépotoir, et mes sales excédents.
J'ai eu le droit, en café-gare dans un combat de clopes écrasées (palliatifs de beedies), à ces raisons, aux reflets ontologiques, qui me font sortir de mes gonds - oui, je suis une porte amovible. Mme Fatalité pointe son nez, inspire l'air, et j'en suffoque (toujours pas expiré).
Après tout, pourquoi pas ? Déléguons choix et libertés, bienvenues dans un carcan mordoré - où le kitch devient bien la négation de la merde (Merci Milan !).
La suite. J'en amènerais Dchss à se détester. Si c'est un chemin que je connais bien, je n'y emmène personne. Déjà parce qu'il ne contient que la case "me" - trop petit pour deux personnes, même accolées (et on en est loin) - qu'il est de nature batracienne, et qu'il exige un droit de passage en poil de moustache, de barbe en dernier recours.
Qu'on me colle, à la limite, la volonté de vouloir trainer quelqu'un (concret) quelque part (abstrait) passerait encore. Néanmoins, quand bien même en aurais-je la volonté, je n'en possèderais pas pour autant faculté, capacité et possibilité.
Pas de réponses... je m'en enfonce dans un malaise aux tournures de plus en plus absurdes. Une esquisse d'échec supplémentaire, un gribouillis d'incompatibilité, un dessein avorté. Impeklable, le Design n'est pas loin. Ne manque que le matériau, forme et fonction affluant.
Andy a raison. En même temps, c'est une rockstar. CQFD.
Je suis lisse. Lisse ? Le mot me fait si mal qu'il doit être vrai. Partiellement du moins. Mais pas un "partiellement" de mi-vrai, mi-faux. Un "partiellement" de "ça dépend avec qui".
Là, loin, ceux dont je n'ai rien à foutre m'accablent d'être beaucoup trop vindicatif, abrupt, pointilleux (tendance casse-couille), intolérant (tyran ?)... Ici, plus loin encore (et pourtant...), cette idée de lisseur. J'aimerais dire que tout nait d'une envie de compréhension, mais ça n'y changerait probablement rien.
Un paradoxe de plus, comme un engrenage bien huilé (trop huilé ? trop lisse ?). Un paradoxe de plus, aux échos conciliés assourdissants. Un paradoxe de plus, comme un rire de détresse.
Je me sens évidé, plein de fissures. Lisse et creux. Un dépotoir dépoté.
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20081112
Sur un Air Anglais
Allègre aimant triste, les pôles s'en mêlent. Pôle plus, pôle moins ; pôle nord, pôle sud ; pôle d'allégresse, pôle de tristesse. Attraction électrique, électricité attachée ; laideur pluvieuse, hideur radieuse ; proximité d'aimant, démence approximative.
Autour du fuseau tanguent les électrons, libres et contenus d'une folie qui les dépasse. Le surréalisme s'affiche en éthique et se comporte en étiquette.
J'ai le cœur léger et la mine grave. Quand ma main dessine, une main y caresse un dessein. Le trait est assuré, l'attrait susurré. Trois yeux m'observent, les trois me savent. L'un m'articule quand les autres me bousculent, mécanique et organiques. Mes cheveux s'enroulent autour de doigts, des frissons les parcourent pour m'en tomber au bas des reins.
Le silence n'empêche pas l'éloquence. Peu de mots, beaucoup de sens ; les sens se passent de maux. Ma voix s'éveille, chante le lion-diamant. Aimant, amie, aiment. Je me découvre et couvre les (sou)rires. Les mots du blues qui se balancent d'un départ mirent deux corps, un soir de musique, puis mirent le départ en malaise.
S'en aller, y rester. Deux mots contraires pour un même sens.
Je suis marqué d'empreintes. Celles-ci se font de son son, d'images tracées et de traces imagées. Celles-ci se fondent en moi jusqu'à m'en bruler les entrailles. Une flamme qui ruissèle, sur laquelle je fume comme font les étoiles, y retrouve l'écrit. Celui-ci me monte à la tête, se fait vague, s'emplit, ne peut plus rien dire.
Je te sais savoir jouer de la musique du silence, lui donner la force qui manque aux mots, comme si elle sortait des reins, pure et violente, patiente et expressive. A chaque note qui se dépose sur les rives, je sens une émotion qui pianote sur mes blessures.
A chaque jazz, le noir qui s'y joue. J'ai le jazz au cœur, fin de jeu, noir.
"I don't know just where I'm going
But I'm gonna try for the kingdom, if I can "
_ "Heroin" by VU
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20081104
La cigarette est la nicotine du peuple
En guise de duc, des pelotes de mots pâlottes plus brouillés qu'eux à la coke.
De certaines nébuleuses naissent des foules de bulles, plus éclatantes les unes que les autres. Je me noie à scruter leur fragilité aérienne comme leur grave légèreté. Quand H retrouve P, on ne tombe pas forcément sur Corto Maltesse.
J'ai aussi le bulbe en bulle, prêt à éclater.
Après les incidences d'entrées en esquives, place aux coïncidences de sorties simultanées, frisant l'indécence. T'as l'air altéré, Noir-et-rouge et Noir-et-bleu se sourient. Tout prétexte est pris, manque les contextes épris.
Je prise cette connivence maladroite aux différences étroites.
Premier même jour rencontré ; l'année diffère. Rires et rock'n'roll partagés. Les lubies jubiles et les libellules rutilent. Fièvre du rat, les deux tuent, concert manqué. La réplique anglaise le sera aussi, manquée. Not in gammut...
Je me découvre en les couvrant.
Angoisse qui croasse, grenouille léthargique dépassée par ses bulles - on y revient - s'empêtre dans son marais-cage. Brouillard doré et barreaux vaporeux, je m'emmêle les pattes et me noue la langue, mélopathe et nü-langue. La frégate prend l'eau quand cale, vers et batraciens s'ét(r)eignent. Le règne - on en ressort - des sept plait ?
Confus, consœur et con suis. Trois jeux perdus. Cherche dés. Quatre, ailé.
Je vous soupire la révérence, et vous respire la souffrance. Pouët.
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